Savoir dire non sans blesser les autres

Faites-vous parti de ces gens qui n’osent pas dire non ? qui ne savent pas dire non ? qui ne peuvent pas dire non ?... Ça vous parle ?

 

Je comprends tout à fait. Qui n’a jamais dit oui à un diner auquel il ne voulait pas aller ? dit oui à un service dont-il se serait bien passé ? Acheté un objet inutile parce que le non n’a pas passé le pas de la bouche ?

 

Vous avez tous plus ou moins assistés à ce genre de situation mais vous vous dites peut-être que vous ne pourrez jamais changer et que vous ne saurez jamais dire non sans avoir peur de blesser les autres. Bonne nouvelle c’est tout à fait possible et vous verrez que vous rendrez vos relations plus authentiques et que vous saurez prendre la place qui vous revient.

 

Mais avant tout pour quoi est-ce si difficile de dire non ?

 

Tout d’abord parce que la société ne supporte pas ce palindrome. Le non fait désordre. Le oui est au service de la politesse et du respect tout le contraire du non. La pression éducative et sociétale est telle que le non est banni. Vous devez nier vos propres besoins et ne pas assumer vos désirs. C’est l’heure du politiquement correcte, de la culpabilité et de la censure. Dire non c’est provoquer le chaos.

 

Savoir dire non c’est se sentir inconfortable face à la personne qui vous a sollicité. Votre égo entre en action pour vous rappeler que vous n’avez pas le droit de dire non, que cela ne se fait pas et que vous risquez de passer pour la personne la plus égoïste de la planète. Enfin si vous tombez sur un interlocuteur insistant vous lâchez un oui par lassitude.

 

Dire non c’est aussi se confronter à l’autre et à ses réactions. Vais-je le blesser ? va-t-il se mettre en colère ? vais-je être assez courageux pour appréhender la critique ?

 

Et pourtant avez-vous oublié le petit enfant qui est en vous ? Souvenez vous du petit être que vous étiez à 2, 3 ans, l’âge auquel tout est synonyme de refus. « Viens te coucher, NON ! ». Si vous l’avez oublié pour vous, les enfants qui vous entourent doivent vous le rappeler régulièrement. C’est une façon d’affirmer son individualité et son autonomie. Il est vrai que tout a été fait pour vous endormir. Petits exemples à l’appui : les dessins animés de Walt Disney. Peau d’âne qui désobéit à son père et doit vivre une vie de misère, méprisée par tous. La belle au bois dormant qui touche le fuseau interdit et s’endort pour 100 ans, le petit chaperon rouge, la petite sirène etc… Dans ces contes on vous montre bien que dire non est dangereux et vous avez conservé ça en mémoire. Il n’est donc pas compliqué de comprendre que dire non à l’âge adulte soit si difficile.

 

 

 

Il y a-t-il deux camps ? Ceux qui disent NON et les autres

 

Vous êtes peut-être dans le camp des autres, pourquoi ?

 

  • Par manque de confiance en vous. Vous avez peur, de l’échec, de la critique. Vous vous dévalorisez et vous vous sentez plus vulnérable que les autres. Vous pensez que votre NON ne sera pas entendu.

  • Par dépendance : Vous ne vivez qu’au travers des autres et la peur de leurs réactions ne vous permet pas d’exprimer un refus. L’autre va vous abandonner, vous délaisser, vous rejeter parce que vous aurez dit non.

 

 

 

Dire non, mode d’emploi !

 

Si vous avez envie de repartir du bon pied alors c’est le moment mais ce serait vous mentir que de vous dire que vous pouvez apprendre à dire non naturellement en deux minutes. Méfiez-vous aussi du changement de comportement que vous allez avoir et qui risque de dérouter votre entourage.

 

 

  1. Détendez-vous :

 

En effet la première réaction lorsque vous allez devoir dire non, c’est l’effet stressant que cela va représenter. Physiquement vous pouvez éprouver un certain malaise à vous exprimer différemment. La peur risque une nouvelle fois de vous faire échouer, en vous faisant perdre vos moyens ou en provoquant chez vous la fuite. Avant de savoir dire non il faut que vous appreniez à vous détendre et ce de façon régulière. Il existe une multitude d’exercices pour cela en vous concentrant sur vous et sur votre respiration. Ces outils sont des moyens d’adaptation au stress.

 

 

  1. Reprogrammez vos pensées

 

Un individu normal a en moyenne 60 000 pensées qui lui traversent l’esprit par jour. Imaginez que ces 60 000 pensées soient 60 000 voitures circulant sur une autoroute. Un accident se produit provoquant la panique générale. C’est à peu près l’état dans lequel vous êtes en situation d’angoisse. Vous perdez vos moyens, votre rythme cardiaque s’accélère, votre corps se tend et l’anxiété s’installe. Pour autant il est temps d’inverser les rôles et de déprogrammer tous vos jugements de valeurs, notamment l’idée insupportable pour vous de vous sentir désagréable. Essayez d’examiner vos auto verbalisations irrationnelles et demandez vous si elles sont fondées. Dans le calme vous arriverez à faire la différence entre ce qui est illogique et dénué de fondement et la bonne attitude à employer. Avec un peu de pratique vous pourrez facilement repérer vos pensées irrationnelles lorsqu’elles surgissent. Pour cela vous pouvez vous aider d’un tableau. En effet lorsqu’une pensée s’inscrit de façon automatique dans votre cerveau notez la sur une feuille sans vous censurer puis quand vous êtes détendu écrivez en face de votre idée une proposition alternative à la situation (exemple : pensée intuitive : je suis incapable de faire ça / pensée alternative : j’ai réussi certaines choses dans ma vie ce qui me prouve que je ne suis pas si nul que ça.)

 

 

  1. Transformez vos principes

 

Votre éducation et votre environnement ont forgé les principes auxquels vous vous accrochez. Attention je ne suis pas en train de dire que d’avoir des principes est mal mais parfois ils se cachent sous ce que l’on appelle des croyances limitantes qui vous empêchent d’avancer. De plus les principes déforment souvent la vision de la réalité. Toutes ces valeurs se sont construites quand vous étiez encore enfant mais sont-elles encore valables aujourd’hui en tant qu’adulte ? c’est un peu comme si vous vouliez portez la petite culotte que vous aviez à cet âge. Peu probable que vous arriviez à entrer dedans. Je ne vous demande pas de renoncer à ces principes je vous demande simplement de faire le tri entre ce qui est encore portable aujourd’hui et ce qui ne l’est plus. Peut être pouvez vous commencer par les nuancer avant de les modifier.

 

Exemple : vous n’avez pas pu annuler un rdv avec un ami pour aller prendre un verre alors que vous êtes exténué.

 

Pourquoi ?

 

Parce que je lui ai promis depuis des semaines

 

Et alors ?

 

Je ne veux pas passer pour quelqu’un qui ne tient pas parole

 

Pourquoi ?

 

Parce que quand je promets quelque chose je m’y tiens

 

Pourquoi ?

 

Parce que je ne veux pas décevoir les autres.

 

Et alors ?

 

Mon ami sera déçu

 

Et alors ?

 

Mon ami ne m’aimera plus.

 

 

 

Conclusion : relativisez. Il est clair que si vous vous vous êtes engagé auprès d’un ami pour l’héberger afin de le dépanner et qu’à la dernière minute vous annulez, il y a de grandes chances que vous ami qui comptait sur vous soit extrêmement déçu mais dans le cas précédent il s’agit juste d’un verre, pas de quoi penser que votre ami va vous maudire jusqu’à la fin de sa vie pour une telle situation.

 

 

 

  1. Savoir dire non, c’est s’affirmer

 

Pour pouvoir s’affirmer il faut pouvoir dire les choses directement, clairement et surtout calmement. Un être affirmé est bien dans sa peau, équilibré, et ne s’emporte pas facilement. Il a confiance en lui tout en ayant conscience de ses limites. Il est respectueux des autres et sait écouter afin de mieux répondre aux besoins de son entourage. Pour y arriver il existe plusieurs petites astuces :

 

  • Le disque rayé

  • L’écran de fumée

  • La méthode colombo

  • L’affirmation négative

  • La collecte des informations

  • Le 50/50

 

 

  1. Exercez vous à dire non

 

Rien de tel que l’exercice à pratiquer de manière amusante sans prendre trop de risques. Vous pouvez commencez en extérieur auprès de parfaits inconnus que vous ne reverrez surement jamais. Par exemple les personnes qui vous interpellent dans la rue pour répondre à tout un tas de questions ou pour signer la pétition du moment.

 

 

 

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